En 2026, animation chaleur renouvelable et développement de la géothermie !

Après 23 ans d’animation du Plan bois énergie Bretagne, AILE inscrit son action dans la logique de la démarche ENR Choix,  portée par l’ADEME. Dans un contexte de préservation de la ressource bois, son objectif est d’inciter le porteur de projet à considérer les autres solutions de chaleur renouvelable (chaleur fatale, mutualisation via réseaux de chaleur, géothermie, solaire thermique) associées à une démarche d’efficacité et sobriété énergétique.

C’est dans cette logique que AILE étend son action vers une animation Chaleur Renouvelable, faisant la promotion des différentes filières et proposant une expertise sur les réseaux de chaleur, la géothermie et le bois énergie, complémentaire des expertises déjà en place sur le solaire thermique (Atlansun) et sur la chaleur fatale (ADEME).

Notre équipe se forme depuis 2025 sur le sujet géothermie et, grâce à un partenariat avec Unilasalle, nous proposons depuis le début de l’année 2026 un accompagnement des projets géothermie et une animation de cette filière.

Et le bois ? 

Le bois énergie reste une solution de chaleur renouvelable clé pour la décarbonation de nos territoires. De plus, en offrant une valorisation économique au bois local et notamment bocager,  nous incitons les agriculteurs et l’ensemble des gestionnaires à mettre en place une gestion durable des haies, à planter de nouveaux linéaires et ainsi limiter l’arasement des haies. AILE poursuit donc l’accompagnement des projets bois énergie en incitant les démarches Consom’acteurs. En parallèle, nous poursuivons notre action sur la sensibilisation à la gestion durable de la ressource bois et à l’accompagnement des territoires œuvrant pour le développement de filières bois locales. 

La géothermie, qu’est ce que c’est ?

Plus on s’enfonce dans le sous-sol, plus la température augmente. Le principe est simple : récupérer cette énergie disponible sous nos pieds ! 

Selon la profondeur, les usages seront différents : on parle de géothermie haute énergie lorsque l’on exploite des réservoirs très profonds ou des zones volcaniques, c’est alors la vapeur qui est exploitée pour produire directement de l’électricité ;

La géothermie basse énergie, elle, repose sur une utilisation directe de la chaleur disponible dans des aquifères profonds qui contiennent de l’eau à plus de 50°C. 

Enfin, la géothermie dite “de surface” ou “Géothermie de Minime Importance (GMI)”,représente 95% des installations en France, elle valorise la chaleur <30°C située entre 10 et 200 mètres de profondeur via une pompe à chaleur (PAC) soit : 

  • En pompant l’eau d’une nappe souterraine peu profonde via un ou plusieurs forages pour l’amener à la pompe à chaleur et en prélever les calories, avant de la réinjecter dans l’aquifère d’origine via un autre forage, c’est la géothermie sur nappe ;
  • En prélevant la chaleur du sol par conduction thermique via des capteurs géothermiques aussi appelés sondes géothermiques, composés d’un tube dans lequel circule un fluide caloporteur et positionnés dans un forage vertical de plusieurs dizaines, à quelques mètres de profondeur. Cette technique représente 95% des projets bretons.

Schéma d’une installation géothermie sur sondes (source ADEME)

Les atouts de la géothermie 

La géothermie est d’abord une solution d’énergie locale qui favorise donc notre autonomie énergétique. Elle est aussi bas carbone, une pompe à chaleur couplée à une installation de géothermie de surface émet environ 45g de CO2/kWh de chaleur fournie, en comparaison le gaz naturel en émet 227 g/kWh.

Elle produit de l’énergie en continu, 24h/24, quelles que soient les conditions climatiques grâce à la grande stabilité de la température du sol. En effet, à partir de 10-20 mètres de profondeur, la température reste stable toute l’année (env. 15°C)

Elle est capable de fournir 2 types de rafraîchissement :

  • Du “géocooling” ou froid passif : il consiste en l’utilisation de la température du sol pour rafraîchir les locaux sans passer par l’usage d’une PAC. Cette solution permet un rafraîchissement très sobre en énergie et améliore même le rendement de l’installation en réinjectant la chaleur des locaux au sein du champ de sondes.
  • Le froid actif  : Le rafraîchissement est réalisé grâce à la PAC qui est dite “réversible”. Elle peut fournir de la chaleur mais aussi du froid sans émettre de chaleur dans l’air extérieur, contrairement aux climatiseurs, ce qui limite les îlots de chaleur urbains. 

source AFPG https://www.afpg.asso.fr/ 

Pour quels usages ?

En géothermie de surface, le secteur individuel est le plus développé en France. Il s’agit cependant d’une solution encore assez méconnue et trop rarement préconisée par les chauffagistes (3005 PAC géothermiques vendues en 2024, contre 930 000 PAC aérothermiques). 

La géothermie de surface est compatible avec des usages collectifs, agricoles, industriels et tertiaires. Le nombre d’installations est en progression mais reste à développer sur ces secteurs pour atteindre les objectifs fixés par la PPE. 

En Bretagne, ça donne quoi ?

En Bretagne, on comptabilise 46 640 installations de géothermie de surface en 2024 avec une grande majorité d’installations sur sonde : 96% de l’énergie produite est à destination de bâtiments résidentiels individuels et 3% à usage tertiaire. 

La nature du sol breton permet des installations performantes avec des coûts de forages compétitifs.

Le secteur industriel n’est pas développé : la géothermie sur sondes limite l’énergie pouvant être soutirée du sol et donc la taille des installations (le nombre de sondes nécessaires pour des installations de forte puissance est trop élevé), de plus l’efficacité de la PAC est limitée sur la chaleur haute température et limite donc certaines applications industrielles. 

(source : étude filière 2025 https://www.afpg.asso.fr/)

Concrètement quel accompagnement pour les porteurs de projets ?

Dans le cadre d’un marché public, AILE est mandaté par la Région Bretagne pour réaliser des études d’opportunité géothermie. Ainsi, ces études sont gratuites pour le porteur de projet. Sur les territoires disposant d’un Contrat Chaleur Renouvelable (voir la carte), ces études sont réalisées par l’animateur du territoire.  

Avec Unilasalle, AILE développera en 2026 plusieurs outils pour faciliter le déroulé des projets, faciliter la mise en réseau des acteurs et mettre à disposition les retours d’expériences existants sur le territoire, des visites de site seront également organisées. 

Sources et documents à consulter pour aller plus loin : 

1 réflexion au sujet de « En 2026, animation chaleur renouvelable et développement de la géothermie ! »

  1. Merci à l’association AILE pour ce programme d’animation ambitieux pour 2026. C’est exactement le type d’impulsion dont les territoires ont besoin pour faire de la chaleur renouvelable une réalité opérationnelle, notamment à travers la géothermie.
    Connaître précisément la conductivité thermique et le potentiel des nappes locales dès la phase d’animation permet de valider la viabilité des projets et de sécuriser les financements. Nous sommes convaincus que la réussite des objectifs de 2026 passera par cette alliance entre l’animation de réseau et la rigueur du diagnostic géologique.

    Bravo pour votre engagement constant en faveur de la transition énergétique !

    Au plaisir d’échanger avec vos équipes et les porteurs de projets sur la sécurisation géotechnique des futures installations.

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