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Le modèle linéaire de fabrication et d’utilisation des produits (extraire, produire, consommer, jeter) n’est plus compatible avec les tensions ressenties sur les ressources non renouvelables. Lors de la Conférence environnementale de septembre 2013, le Gouvernement français a donc fixé l’objectif politique d’une transition vers un modèle économique « circulaire ». Cet objectif a été décliné et précisé dans le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte.

L’économie circulaire dans le cycle de la biomasse

Le concept de l’économie circulaire

L’économie circulaire est un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement. L’économie circulaire repose aussi en grande partie sur une politique de prévention et de gestion des déchets, qui prévient les gaspillages, favorise la réutilisation et le réemploi, maximise le recyclage et la valorisation matière, et enfin permet la valorisation énergétique des déchets non recyclables.

Les verrous à lever

Un changement de modèle prendra des dizaines d’années. Beaucoup d’innovations sont à mettre en œuvre pour un modèle plus pérenne qui apportera des réponses aux enjeux d’emploi, d’environnement et d’énergie.

  • Verrous technologiques : produire des matières premières renouvelables respectueuses de l’environnement et faire du déchet une matière première secondaire avec plusieurs débouchés pour une utilisation optimale. 
  • Verrous économiques : provoquer une mutation des structures pour passer à une économie de la fonctionnalité.. 
  • Verrous fiscaux : la fiscalité peut être un levier efficace pour favoriser le recyclage des déchets organiques. Les filières compostage et méthanisation sont largement promues pour valoriser les déchets organiques des gros producteurs de biodéchets. Cependant, les déchets sont parfois transportés sur de longues distances, le coût du transport n’étant pas déterminant dans la compétitivité des filières.
  • Verrous réglementaires : la réglementation peut inciter et favoriser le développement de projets d’écologie industrielle ou agricole.  
  • Verrous organisationnels : l’économie circulaire ne se limite pas à l’échange de flux de déchets et d’énergie. C’est avant toute chose un système de collaboration entre acteurs, qui doivent coordonner leur stratégie et partager leurs données. La mise en place des projets est souvent longue car ils impliquent un dialogue permanent, ce qui peut être un frein. Les clubs d’écologie industrielle sont aujourd’hui en plein développement et l’enjeu d’ici 2030 est d’y associer les autres acteurs du territoire (agriculteurs, collectivités).
  • Verrous en matière de gouvernance : travailler différemment, dans la coopération et le partage. Les projets de méthanisation territoriaux et multi partenariaux en sont une illustration. Les plus complexes impliquent une collectivité sous forme de SEM, un groupe d’agriculteurs issu d’une CUMA, un développeur et un financement participatif porté par Energie Partagée. Ces modèles favorisent l’acceptation locale des projets, qui est un des grands défis des énergies renouvelables. 
  • Verrous éducatifs : sensibiliser les citoyens pour sortir d’un modèle d’hyper consommation, où l’appartenance se fait par rapport à un produit. La mise en place d’une économie circulaire suppose de changer l’image du déchet et les représentations sociales qui lui sont encore négativement associées. En parallèle, il faut également sensibiliser les agriculteurs, les agents des collectivités (voiries, assainissement collectif), les instances de préservation de la qualité de l’eau (police de l’eau, agence de l’eau) sur les changements de pratiques possibles et envisageables.

Les opportunités 

  • prendre en compte les externalités environnementales : valoriser les externalités positives et limiter les externalités négatives (réglementation, principe du “pollueur-payeur”, etc)
  • mener une politique de soutien aux domaines de l’économie circulaire (développement des énergies renouvelables, éco-conception, recyclage, etc) via les institutions existantes (ADEME, Région, Agence Française de la Biodiversité, Programmes Européens)
  • renforcer le maillage territorial (PCAET, PAT pour encourager les synergies possibles (sol, énergie, eau, production et consommation locales, etc)

Pour leur réalisation, ces opportunités peuvent s’appuyer sur la bioéconomie circulaire :

=> la bioéconomie circulaire vise à respecter le concept de l’économie circulaire – découpler la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles – en valorisant les ressources biologiques renouvelables pour produire les aliments, les matériaux et l’énergie de la société d’aujourd’hui et de demain.