Tout savoir sur « sol et énergie »

Retrouvez ici les présentations et films des intervenants de la journée du 25 juin dernier « Sol & Énergie, la synergie est possible ! »

Ronan Le Bourhis – Président de AILE
Stéphane Le Foll – Président du Pays du Mans
Sarah Singla – Agricultrice et agronome
Camille Launay – Thésarde INRAE

Stéphane Le Foll a félicité AILE, pour l’originalité de son approche dans le milieu agricole et rural : repérer des initiatives locales en matière d’énergies durables chez des acteurs du territoires, expérimenter, puis diffuser les connaissances acquises et accompagner agriculteurs et collectivités qui optent pour les énergies locales. Des encouragements en visioconférence, que Ronan Le Bourhis, agriculteur dans le Finistère et président de AILE s’est engagés à poursuivre : « Répondre aux initiatives locales, c’est le fil rouge de notre Agence et ça le restera ! ».

L’agriculture a toujours produit de l’énergie, depuis l’avoine des chevaux en passant par l’alimentation des hommes, jusqu’au biogaz aujourd’hui. Habile préambule à cette journée scientifique et festive, par Sarah Singla, agricultrice en ACS (Agriculture de Conservation des Sols) et agronome. Produire de l’énergie en synergie avec le sol : oui, à condition de veiller à la préservation de la fertilité des sols à long terme, par des pratiques agricoles vertueuses, a rappelé cette agricultrice de pointe, que l’Assemblée Nationale a tenu a auditionné. Vidéo intervention Sarah Singla pour Fondapol

L’agriculture participe au stockage du carbone dans les sols. C’est un des leviers pour la lutte contre le réchauffement climatique. Sabine Houot, INRAE, a rappelé les pratiques agricoles favorisant le stockage du carbone : implantation de couverts intercalaires et intermédiaires, allongement des prairies temporaires, apport de compost, digestat ou autres produits résiduaires organiques, développement de l’agroforesterie et plantations de haies. Autant de pratiques que l’on peut retrouver chez les producteurs d’énergie. La synergie est donc de mise.

Oui, la fertilité des sols se maintient avec la méthanisation, contrairement à une idée reçue. Camille Launay, INRAE, a présenté la thèse qu’elle consacre au sujet. L’implantation de CIVES (Cultures Intermédiaires à Vocation Energétiques) entre deux cultures principales, pour les transformer en biogaz via un méthaniseur, puis les ramener sur les parcelles agricoles sous forme de digestat, évite l’appauvrissement du sol et l’enrichit en azote et carbone. Condition : veiller à une bonne recharge en eau des sols. (Présentation ci-dessous)

Des travaux qui complètent ceux qu’AILE développent sur la méthanisation depuis 15 ans, comme l’a rappelé Armelle Damiano, directrice et responsable du secteur biogaz AILE .(Présentation ci-dessous)

La méthanisation, un levier pour l’agroécologie. C’est ainsi que le vit François Trubert, agriculteur et méthaniseur : « la méthanisation a bouleversé l’exploitation et m’a fait introduire des Cives, de la luzerne qui me sert de biomasse et de fourrage, allonger mes rotations… C’est vraiment intéressant, complexe aussi, il faut se faire accompagner et profiter des groupes pour échanger sur ses pratiques ».

Il n’y a pas de système agricole miracle, a rappelé Grégory Vrignaud, agronome dirigeant de ACE méthanisation, mais des conduites vertueuses à privilégier dans la conduite d’une exploitation qui produit de l’énergie. La méthanisation, bien comprise et bien menée, peut à la fois produire de l’énergie et être un outil vers la pratique de l’agroécologie, à condition de prendre en compte toutes les dimensions de l’exploitation et de se faire accompagner dans ces pratiques très techniques. (Présentation ci-dessous)

Biomasse bois :  une belle synergie sol-énergie. Le bois issu du bocage est une ressource d’énergie durable exceptionnelle. Etudiée et valorisée par AILE depuis plus 20 ans par quatre chargés de mission, ils encouragent et accompagnent les agriculteurs et collectivités qui optent pour l’entretien du bocage et ses utilisations multiples : chaufferies bois, paillage de culture (suppression des pesticides), litières pour vaches (et retour au sol). Un cercle vertueux, mis en place sur sa ferme par Quentin Dubois, producteurs de lait (35) venu témoigner au colloque : « j’utilise le bois issu de nos 10 km de haies pour notre chauffage et pailler les vaches, puis amender le sol. Ça marche très bien ! »

Rechercher aujourd’hui les solutions pour demain. C’est le leitmotiv de AILE, « c’est ce qu’on attend d’elle et c’est ce que AILE prouve par ce colloque anniversaire et par les travaux en cours, comme ceux sur le Biochar » a conclu Emmanuel Pipard, agriculteur (49) et administrateur AILE. « L’étude du Biochar en usage agricole pour retenir l’eau dans le sol au vu des sécheresses à venir, c’est d’une actualité brulante ». Au préalable, Nicolas Thévenin, expert en la matière, avait présenté les travaux de recherche en cours chez RITTMO (Présentation ci-dessous). Un sujet sur lequel AILE travaille désormais, de même que sur la qualité de l’air, en lien avec la production d’énergies durables…

Ressources disponibles
Le sol, un levier pour atténuer le changement climatique2,42 Mo
Comment la méthanisation peut s’intégrer dans les outils de l’Agro écologie ?1,16 Mo
L’utilisation de biochar peut-elle jouer un rôle dans l’amélioration des sols ?2,49 Mo
Que fait AILE ?1,28 Mo

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