Le digestat

Le digestat est le produit résiduel issu de la digestion anaérobie. Il contient des éléments minéraux et de la matière organique ce qui lui confère des propriétés agronomiques intéressantes.

Agronomie

Dans cette partie :

Valeur fertilisante

Les quantités totales en éléments fertilisants N, P, K et en oligo-éléments sont conservées, en revanche leur forme peut être modifiée. L’azote organique se minéralise sous forme ammoniacale, forme plus facilement assimilable par les plantes.


En conséquence, la valeur fertilisante azotée peut être améliorée par rapport aux effluents de départ et permettre ainsi de faire des économies d’engrais minéraux, principalement dans le cas des fumiers.

Apport de matière organique et valeur amendante

Seule une partie de la matière organique « fraîche » est transformée en biogaz, la fraction ligneuse, nécessaire à la fabrication d’humus n’est pas attaquée par les bactéries. Cette fraction labile est en général dégradée naturellement sous forme de CO2 et CH4 pendant le stockage et à la suite de l’épandage pendant les mois qui suivent la production des effluents.

En conséquence, la valeur amendante des matières organiques, nécessaire au maintien de la qualité des sols est préservée. La quantité de matière organique stable restituée au sol est même supérieure dans le cas d’apports de déchets exogènes et de production de CIVE.

Ressources disponibles
Vidéo sur la matière organique
Résultats du projet METHA-LAE sur l’impact de la méthanisation sur le stockage de carbone dans les sols
Fiche AAMF matière organique1,41 MB

Sanitaire


La qualité sanitaire des digestats est satisfaisante pour une utilisation en épandage, améliorée pour de nombreux pathogènes par rapport à des effluents bruts, notamment sur les bactéries végétatives (E.Coli, Salmonella) et pour de nombreux virus.

L’impact de la digestion sur la concentration en pathogènes dépend du couple temps-température et du type de procédé. Le régime thermophile et les procédés discontinus sont plus efficaces.

Ressources disponibles
Synthèse étude sur les enjeux sanitaires de la méthanisation881,58 KB
Résultats de la campagne d’analyse réalisée dans le cadre de Valdipro443,41 KB

Épandage


La forte volatilité de l’ammoniaque impose une grande vigilance au stockage et à l’épandage du digestat. La réglementation impose de prévoir au minimum 4 mois de stockage tout en justifiant les périodes d’épandages possibles : ce sont donc en général 6 à 8 mois de stockage qui sont nécessaires, couvertes de préférences.

Les matériels et les conditions d’épandage devront permettre de limiter la volatilisation de l’azote :

  • Épandre par temps humide, en l’absence de vent
  • Utiliser des pendillards ou enfouisseurs pour l’épandage de digestat liquide (buse palette interdite)
  • Épandre au plus près des besoins des cultures, pour limiter les risques de lessivage
Ressources disponibles
Fiche technique épandage2,09 MB
Fiche technique: Limiter la volatilisation1,00 MB

Post-traitement


La séparation de phase peut-être nécessaire pour des besoins d’export de phosphore notamment, mais peut aussi être utile pour gérer un produit amendant d’une part (la fraction solide) et un produit fertilisant (la fraction liquide) d’autre part. Les taux de capture seront bien supérieurs dans le cas des centrifugeuses.

Il est également possible de coupler la méthanisation avec d’autres procédés de traitement plus poussés : séchage de la fraction solide, stripping de l’azote, filtration membranaire…

Ressources disponibles
Guide “Gestion et traitement des digestats de méthanisation” 4,06 MB

Règlementation


En règle générale, les digestats sont des déchets soumis à plan d’épandage.

Dans tous les cas, la valorisation du digestat nécessite une traçabilité : cahier de fertilisation ou bordereaux de livraisons. L’épandage du digestat doit se faire selon le respect de la Directive Nitrates (calendriers d’épandage, respect des seuils et interdictions en zones vulnérables…).
Pour sortir du statut de déchet soumis à plan d’épandage, plusieurs voies existent :

  • Rentrer dans une norme existante. C’est aujourd’hui possible pour les digestats compostés sous les normes NFU 44-051, 44-095 ou 42-001.
  • Demander une autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de l’ANSES : la procédure étant longue et coûteuse cette voie est plutôt réservée aux sites de taille importante.
  • Etre conforme au Règlement Européen CE 2019/1009. Cette voie sera possible à partir de 2022 pour certains produits formulés à partir de digestat.
  • Rentrer dans un cahier des charges : c’est possible depuis 2017 pour les sites agricoles uniquement, à condition de respecter les prescriptions d’un des cahiers des charges DigAgri1, DigAgri2 ou DigAgri3.
Ressources disponibles
Présentation des CDC DigAgri769,47 KB
DigiAgri 1
DigAgri2 et 3

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Notre partenaire: Région Pays de Loire